Le ministère taïwanais de l'Environnement a annoncé hier 7 septembre qu’il s’apprêtait à lancer un passeport numérique des produits. La réglementation correspondante devrait être annoncée dès mars prochain. En écho à la nouvelle réglementation européenne qui entrera en vigueur en février prochain, Taïwan accordera la priorité notamment aux batteries.
Pour mémoire, le passeport numérique des produits, qui s’inscrit dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe et le règlement sur l’écoconception, est une carte d’identité électronique centralisant toutes les informations sur le cycle de vie d’un produit, de sa fabrication à son recyclage. Il est accessible via un QR code ou une puce RFID.
Le programme pilote a été mis en place par le ministère taïwanais de l’environnement en 2023, en collaboration avec les industries concernées pour quatre grandes catégories de produits : les batteries, les textiles, les équipements informatiques et de réseau, et les matériaux recyclés. Au total, 28 entreprises ont participé, permettant d’établir plus de 20 000 enregistrements de traçabilité des produits.
Lai Yin-yin (賴瑩瑩), directrice du Bureau du recyclage des ressources du ministère de l'Environnement, a indiqué que le passeport numérique des produits permet non seulement d’accéder aux informations sur les matières premières, les procédures de fabrication et le cycle de vie des marchandises, mais comporte aussi les émissions de carbone du produit et les méthodes de recyclage. À l'avenir, ils pourraient être intégrés aux “achats publics écologiques”, afin d'inciter davantage les entreprises à divulguer ces informations.
Lu Hsueh-lung (呂學隆), président de l'Association taïwanaise des batteries, a déclaré que l'UE s'apprêtant à mettre en œuvre un système de passeport numérique pour les batteries à compter de février, l’industrie taïwanaise est confrontée à une obligation de divulgation, de stockage et de gestion des informations relatives à ces produits. De nombreuses PME ont besoin de conseils pour répondre à ces nouvelles exigences réglementaires et s'y conformer.
Li Jo-hwa (李若華), directrice adjointe de l'Institut de recherche sur l'industrie textile, a quant à elle déclaré que la chaîne de valeur du textile est extrêmement complexe, des matières premières aux procédés de fabrication, en passant par les marques, les consommateurs et le recyclage. Dans ce contexte, le passeport numérique des produits constitue un défi.