A Taïwan, une Journée nationale de prévention des catastrophes est organisée chaque année le 21 septembre. A l’approche de cette journée, le think-tank Forward Alliance a annoncé hier le lancement d'un programme d’échanges à long terme entre Taïwan et l’Europe en matière de résilience. Pour ce programme, Forward Alliance collabore avec Samaritan International, qui regroupe 23 organisations membres (issues de 21 pays européens), 3 millions de membres et 150 000 volontaires.
Cette coopération vise à promouvoir le partage des technologies de gestion des catastrophes et de protection civile, en s'appuyant sur la longue expérience européenne en matière de gestion des bénévoles et de coopération transnationale en matière de secours d'urgence.
Enoch Wu (吳怡農), fondateur de Forward Taiwan, a déclaré que la résilience sociale reposait sur la coopération entre le gouvernement et le secteur privé. Les secours après la rupture du lac de barrage de la rivière Matai'an, faisant 17 victimes l’an dernier dans le comté de Hualien, a démontré l'unité de la société taïwanaise et a mis en lumière le professionnalisme des organisations de volontaires et leur collaboration, éléments clés pour une société résiliente d’après Enoch Wu.
Paul Wardenga, directeur de la coopération et des affaires organisationnelles au bureau de l’UE de Samaritan International, a quant à lui affirmé que l’organisation de la participation citoyenne constituait un élément essentiel au renforcement de la résilience sociale.
Le vice-ministre taïwanais de l’Intérieur, Ma Shih-yuan (馬士元), a de son côté souligné que la résilience n’était pas un concept abstrait, mais la capacité de la population à poursuivre son fonctionnement quotidien même face à une catastrophe. Selon lui, face à la menace d’agression d’une grande puissance, Taïwan doit renforcer sa capacité de dissuasion, avoir confiance en sa défense et développer la résilience nécessaire pour maintenir le fonctionnement de la société en continu.
Selon lui, Taïwan a actuellement besoin de 800 000 « ressources civiles fiables » pour assurer sa défense nationale. Il a déclaré : « Autrement dit, ce pourcentage de 3,5 % de la population est un chiffre de base. Cette base constitue la première étape de notre programme actuel de formation des volontaires efficaces, de la protection civile, ainsi que des ressources civiles – soit 800 000 personnes. Vous avez peut-être déjà entendu parler de « ressources civiles fiables » dont le nombre se situe entre 400 000 et 600 000, mais en réalité le chiffre réel est de 800 000. »
Enfin, Lutz Güllner, directeur du Bureau commercial et économique de l’UE à Taïwan, a souligné que la « Stratégie intégrée de l’UE » stipule clairement que la résilience ne se limite pas aux frontières européennes et appelle à une coopération accrue avec les partenaires internationaux, afin de renforcer conjointement la résilience de chacun. Il espère donc que ce partenariat pourra devenir une plateforme d'échange continu, également ouverte au reste du monde.