La présidente Tsai Ing-wen (蔡英文), arrivée mardi en Eswatini pour un séjour de quatre jours, poursuit sa visite dans le pays d'Afrique du Sud, dernier allié diplomatique de Taïwan sur le continent africain, alors que les deux pays célèbrent cette année leurs 55 ans d'amitié.
Tsai Ing-wen et sa délégation ont assisté à une cérémonie célébrant le 55e anniversaire de l'indépendance de l'Eswatini, ancien Swaziland, qui a obtenu son indépendance du Royaume-Uni le 6 septembre 1968.
La cérémonie s'est tenue au Somhlolo National Stadium avec plusieurs autres invités de marque tels que le roi du Lesotho Letsie III et les anciens présidents de l'Afrique du Sud et du Botswana, Jacob Zuma et Ian Khama.
La présidente taïwanaise a été la seule invitée à prononcer un discours lors de la cérémonie : « Le roi Mswati III a soutenu la participation significative de Taïwan aux organisations internationales a l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU, l'année dernière. Le Premier ministre a aussi plaidé pour Taïwan sur la scène internationale. Au nom de la population et du gouvernement de Taïwan, je voudrais tous vous remercier et j'espère pouvoir continuer de compter sur votre soutien."
Tsai Ing-wen a évoqué les projets de coopération bilatérale entre les deux pays et notamment dans le domaine de l'électrification des campagnes en Eswatini en précisant que ce dernier était devenu le 2e pays d’Afrique en termes d’électrification.
La présidente a aussi déclaré que Taïwan se souciait non seulement des jeunes et de leur éducation mais aussi de l'égalité des sexes et de l'autonomisation des femmes, rappelant la signature d'un protocole d'entente pour la coopération dans l'autonomisation économique des femmes ainsi que l'engagement de Taïwan dans l'établissement d'un fond de microcrédit dédié à l'entrepreneuriat féminin.
Notons que l'indépendance a été célébrée le mercredi, soit deux jours après la clôture de l'Umglanga, ou danse des roseaux, une cérémonie annuelle où les femmes célibataires vierges montrent leur loyauté au roi et à l'occasion de laquelle ce dernier peut se choisir une nouvelle femme.
Cette tradition est de plus en plus critiquée au sein des membres de l'opposition et par les groupes de défense des droits de l'homme, à l'instar de l'ONG Human Rights Watch, qui affirme que « les jeunes femmes et filles sont forcées de participer à des activités culturelles comme la danse des roseaux » et que les familles qui ne participent pas « sont souvent punies ou doivent payer une amende à leur chef ».