Le faux mimosa (leucaena leucocephala) est une espèce de plantes de la famille des Fabaceae originaire du Mexique et d'Amérique centrale. Ce petit arbre tropical à la croissance rapide est aujourd'hui une des espèces les plus envahissantes du monde et s'est répandu dans toutes les régions tropicales, y compris à Taïwan.
Le bureau de gestion du Parc naturel national de Kenting, dans l'extrême sud de Taïwan, mène actuellement un programme d'éradication du faux-mimosa et est déjà parvenu à certains résultats, mais craint que les "pousses de printemps ne se régénèrent".
Le bureau coopère ainsi avec l'Institut de recherche forestière de la commission ministérielle de l'agriculture pour cultiver 70 espèces de plantes natives de Taïwan dans le but de venir à bout du faux mimosa. 30 000 plants sont désormais prêts à être plantés dans la péninsule de Hengchun cette année dans les endroits où des faux mimosa ont été déracinés, dans l'espoir "d'éradiquer de façon naturelle" le faux mimosa.
Le faux mimosa serait arrivé d'Amérique centrale aux Philippines à bord de bateaux espagnols au XVIe siècle pour servir de nourriture aux animaux d'élevage et de bois pour le feu. Il a ensuite été amené en Indonésie pour apporter de l'ombre dans les plantations de café, et a été introduit à Taïwan par les Néerlandais en 1645. Avant l'industrialisation de Taïwan, les jeunes feuilles de faux mimosa ont été utilisées pour nourrir les animaux d'élevage dans les zones rurales, et son bois a été utilisé pour le feu.
Cette utilisation du faux mimosa a permis pendant longtemps de contrôler la population de l'espèce. Mais avec la transformation de l'élevage, l'arbre s'est propagé de manière exponentielle, menaçant les espèces végétales endémiques de Taïwan.
Le directeur du Centre de recherche de Hengchun de l'Institut de recherche forestière Hung Sheng-feng (洪聖峰) a indiqué qu'avec sa topographie, ses conditions climatiques et ses courants océaniques uniques, la péninsule de Hengchun disposait d'une faune et d'une flore extrêmement riches et notamment de nombreuses espèces végétales endémiques précieuses que le faux mimosa mettait en péril.
De plus, Hung Sheng-feng a ajouté que la propagation du faux mimosa affectait également la vie des habitants et que le programme mis en œuvre pour éradiquer cette plante invasive avait déjà montré de bons résultats : "L'efficacité du plan d'éradication dépend encore du taux de succès de culture des jeunes arbres endémiques que nous plantons après avoir enlevé les faux mimosas sur place. Si les espèces endémiques d'arbres survivent bien et que le taux de couverture est satisfaisant, cela devrait avoir un impact positif sur l'éradication du faux mimosa."