Après un premier volet la semaine dernière, RTI continue de se pencher sur le revirement du gouvernement taïwanais sur l'énergie nucléaire. Alors que Taïwan est sorti du nucléaire en mai 2025 - il s'agissait d'un objectif du DPP actuellement au pouvoir -, le Président Lai Ching-te a clairement évoqué un possible redémarrage des 2e et 3e centrales, tandis que le ministre de l'Economie a évoqué la date de 2028.
Ce projet comporte trois grands défis, que Lai Ching-te a posé comme des conditions préalables : garantir la sûreté nucléaire, trouver une solution pour gérer les déchets radioactifs et reccueillir un consensus au sein de la société.
Quinze ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon, nous allons passer en revue ces trois défis aux côtés de Lin Zheng-yuan (林正原), chercheur spécialisé dans les questions énergétiques de l'ONG environnementale taïwanaise Green Citizens Action Alliance.
Suite de ce décryptage en trois volets : Ormuz, semi-conducteurs et IA: quels défis pour la transition énergétique?

En cas d'accident nucléaire grave qui nécessiterait une évacuation dans un rayon de 30 km, il faudrait évacuer environ 6,8 millions d'habitants dans le nord de Taïwan si l'accident se produit dans la centrale numéro 2, et environ 58 000 dans le sud si l'accident se produit dans la centrale numéro 3. A noter que même actuellement, alors que plus aucun réacteur nucléaire n'est en service à Taïwan, les déchets radioactifs sont stockés dans les piscines des centrales et sur l'Ile des Orchidées. En cas d'accident qui affecterait le système de refroidissement, ces combustibles irradiés pourraient s'avérer dangereux. (illustration réalisée par Green Citizens Action Alliance)