L’histoire de Hsu Tzu-chiang (徐自強) ne peut laisser indifférent. En 1995, il apprend par la presse qu'il a été accusé de meurtre et risque la peine de mort. Se rendant volontairement à la police pour clarifier la situation, il tombe dans l'engrenage et est effectivement condamné à mort, alors qu'il n'y a aucune preuve directe de son implication. De procès en procès, il est libéré en 2012 après avoir passé 16 ans dans le couloir de la mort en prison, puis il est définitivement acquitté en 2016.
Mais Hsu Tzu-chiang n'est pas la seule victime d'erreur judiciaire. Aucun système judiciaire n'est infaillible et, dans le cas des pays qui appliquent encore la peine de mort comme c'est le cas à Taïwan, cela peut se traduire par des situations dramatiques comme celle que Hsu Tzu-chiang a vécu.
Alors que les grands juges s'apprêtent à rendre leur décision sur la constitutionnalité de la peine de mort dans quelques jours, ce Décryptage revient sur une conférence de Hsu Tzu-chiang organisée samedi dernier par la Fondation pour la Réforme Judiciaire. Ce fut l'occasion de soulever différentes questions relatives à la peine de mort, mais aussi de mettre en lumière la faiblesse des mesures gouvernementales de soutien à la réinsertion des anciens prisonniers, et a fortiori lorsqu'il s'agit de victimes d'erreurs judiciaires ayant été condamnés à mort.
Pour en savoir plus :
Bande annonce d’un documentaire sur l’histoire de Hsu Tzu-chiang
Débat autour de la peine de mort à la Cour constitutionnelle : première et deuxième parties
Point sur la peine de mort à Taïwan
Etude indépendante auprès des condamnés à mort
La peine de mort est-elle la panacée pour les familles de victimes ?