Le décryptage d'aujourd'hui vous propose de revenir sur le référendum national qui aura lieu demain, en même temps que les votes de destitution visant sept députés du KMT.
Le référendum a d'abord été proposé par le groupe parlementaire du TPP le 18 avril, peu avant le décommissionnement du 2e réacteur de la 3e centrale nucléaire de Taipower, aussi connue sous le nom de centrale de Maanshan.
Le 13 mai, le Parlement, dominé par le parti d'opposition du KMT, a adopté en 3e lecture la révision de l'article 6 de la Loi sur le contrôle des installations des réacteurs nucléaires, modifiant la durée maximale de 40 ans de validité des licences d'exploitations des centrales nucléaires en donnant la possibilité aux exploitants des licences de demander un renouvellement pour une période de 20 ans.
Par la suite, le Parlement a adopté, le 20 mai, un amendement à la formulation de la question référendaire. La question a ainsi été changée pour remplacer le mot "reprise/redémarrage" par celui de "poursuite" (de l'exploitation), une formulation assez trompeuse qui peut laisser penser aux électeurs que la centrale est toujours en marche à l'heure du vote, ce qui n'est déjà plus le cas puisque le réacteur n.1 a bien été arrêté le 28 juillet 2024 et que le 2e réacteur a cessé de fonctionner le 17 mai 2025, marquant ainsi l'arrêt total de la production d'énergie nucléaire à Taïwan.
La nouvelle question, celle qui sera posée demain aux citoyens taïwanais, est donc la suivante : "Etes-vous d'accord pour que la 3e centrale nucléaire puisse continuer de fonctionner une fois que les autorités compétentes auront confirmé l'absence de problème de sécurité ?" (您是否同意第三核能發電廠經主管機關同意確認無安全疑慮後,繼續運轉?)
La question de l'énergie nucléaire est un débat qui fait rage à Taïwan depuis plus de 30 ans, notamment en raison de la question des déchets nucléaires et de la sécurité, dans un pays soumis à un risque sismique important. Ce débat a connu un nouveau sursaut en 2011 avec l'accident nucléaire de Fukushima.
Notons d'ailleurs que le référendum de samedi est déjà le 3e référendum national sur le nucléaire après un premier en novembre 2018 sur l'énergie nucléaire et le soutien aux énergies vertes et un deuxième en décembre 2024 sur le redémarrage de la centrale n.4.
Dans ce débat aux prises de positions pas toujours honnêtes, on recense 4 principaux points de discorde, à savoir la nécessité ou l'utilité de l'énergie nucléaire et de la remise en marche de la centrale, mais aussi la question de la sécurité, ainsi que celle de la gestion des déchets nucléaires, et enfin les coûts liés à un éventuel redémarrage de la centrale.