Le 22 octobre, le ministère de l’Agriculture a annoncé le tout premier cas de peste porcine africaine à Taïwan alors que l’île s’est largement mobilisée pour lutter contre cette maladie animale depuis sa propagation en Chine en août 2018. Dès cette date, Taïwan avait instauré des contrôles très stricts aux frontières et des inspections internes, ce qui a permis à Taïwan d’atteindre son objectif de longue date en mai de cette année. C’est lors de l’assemblée générale à Paris de l’Organisation mondiale de la Santé animale (OMSA) en mai dernier que Taïwan était officiellement reconnu comme indemne de peste porcine africaine, de peste porcine classique et de fièvre aphteuse. Taïwan était en effet le seul pays d’Asie à être indemne de ces maladies. Cette reconnaissance internationale marquait pour Taïwan la fin de plus de 20 ans d’efforts continus.
En réalité, l’élevage porcin taïwanais a été durement touché par l’épidémie de fièvre aphteuse de 1997. A cette époque-là, sa production annuelle atteignait 88,6 milliards de dollars taïwanais (soit plus de 2 milliards d’euros), grâce notamment aux exportations vers le Japon. Cette épidémie a engendré des pertes économiques de plus de 170 milliards de dollars taïwanais (soit plus de 4,9 milliards d’euros), et a conduit à l’interdiction des exportations de porc pendant plus de 20 ans.
Les efforts continus ont ainsi été nécessaires pour que Taïwan soit reconnu seulement en mai dernier comme un pays indemne des principales épidémies porcines. Le pays commence également à peine à exporter ses porcs. L'arrivée des derniers cas de peste porcine africaine qui semble être liée aux restes de table a fait ainsi mobiliser tous les acteurs taïwanais afin de protéger le secteur.