Les experts taïwanais ont des avis différents quant au remplacement des êtres humains par l'IA dans le monde du travail comme c'est le cas dans différents pays. Mais ils s'accordent tous à dire qu'il est peu probable à court terme que le secteur technologique taïwanais procède à des licenciements en raison de l'IA. Toutefois le développement de l'IA générative a véritablement commencé à influencer le marché de l'emploi.
A Taïwan, « M. 486 », qui gére également le commerce en ligne sur une plateforme de commerce électronique, a récemment annoncé la suppression des départements de planification et de marketing de son entreprise. Il estime que ces tâches peuvent être entièrement confiées à l’intelligence artificielle et il a ainsi redéployé les ressources humaines concernées vers d’autres fonctions. A ce sujet, le professeur associé en droit de l’Université de Taipei Fu Bo-hsone (傅柏翔) a rappellé que selon le ministère du Travail, les employeurs doivent respecter cinq principes pour redistribuer leurs employés vers des fonctions différentes : Il est impératif pour l’entreprise de s’assurer des capacités physiques et techniques de l’employé et de lui fournir l’assistance nécessaire si le lieu de travail est trop éloigné. Par ailleurs, le contenu du travail, la rémunération et les conditions de travail initialement convenus avec l’employé ne peuvent être modifiés arbitrairement.
Il a souligné que l’impact de l’IA sur les employés doit être analysé selon deux angles : d’une part, les atteintes aux droits des travailleurs du fait de l’IA, telles que la surveillance non transparente, les évaluations de performance et la discrimination à l’embauche ; d'autre part, la disparition des emplois, par exemple lorsqu’un poste est à supprimer en raison de l’évolution du marché ou des technologies. Ce dernier point n’est pas juridiquement considéré comme une « violation des droits » car les travailleurs ne bénéficient pas de droits à l’emploi à vie ; en revanche, le premier doit être au cœur des débats juridiques.