Le décryptage d'aujourd'hui vous propose de revenir sur l'accord commercial conclu hier à Washington entre les Etats-Unis et Taïwan, un accord qui abaisse de 20 à 15 % le taux des droits de douane imposés aux produits taïwanais destinés à l'exportation aux États-Unis.
Les 15 % annoncés hier sont un soulagement pour les secteurs exportateurs de Taïwan, puisque ce nouveau taux s'aligne avec celui imposé aux principaux concurrents de Taïwan, à savoir le Japon et la Corée du Sud ou encore au taux imposé aux produits de l'Union européenne.
Le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick s'est félicité de l'accord dans un entretien avec la chaîne CNBC, déclarant que l'objectif américain était « d'amener 40 % de la chaîne d'approvisionnement taïwanaise en semi-conducteurs ici, aux Etats-Unis » et affirmant que « la fabrication des semi-conducteurs aux EU est nécessaire à la sécurité nationale du pays puisque les EU ne pouvaient pas s'appuyer sur un pays situé à près de 15 000 km pour nous livrer ces produits essentiels à notre sécurité nationale ».
Mais si l'on se place d'un point de vue taïwanais, les semi-conducteurs sont aussi essentiels à la sécurité nationale, et l'implantation du géant taiwanais des semi-conducteurs TSMC aux Etats-Unis est d'ailleurs sujet de débat depuis longtemps à Taïwan.
Le quasi-monopole de Taïwan sur les semi-conducteurs avancés est vu par beaucoup de Taïwanais comme une garantie de sécurité nationale contre une invasion chinoise. Car si le monde et les Etats-Unis dépendent de Taiwan, les Etats-Unis auraient davantage intérêt à venir en aide à Taïwan en cas de blocus ou d'invasion chinoise. Or, si les Etats-Unis n'ont plus besoin de l'industrie taïwanaise, l'ambiguïté stratégique prônée par Washington serait-elle toujours aussi ambigüe ?